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« L’Algérie a des paysages qui font partie des plus spectaculaires au monde » mais…

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Fait relativement nouveau, l’Algérie suscite l’intérêt croissant des touristes français. Pour l’hospitalité de son peuple, pour ses vestiges archéologiques, pour ses paysages époustouflants dans le Sahara. Bref, pour son potentiel qui, de l’avis de la poignée de voyagistes français proposant le pays à leur catalogue, mérite d’être exploité.

PDG de Voyageurs du monde, Jean-François Rial explique à TSA pourquoi son agence a classé Alger dans son top 10 des destinations 2018. « J’ai fait ce choix par affection, par conviction, mais aussi parce que j’ai des clients qui se sont emballés à l’idée de visiter la capitale algérienne. C’est une ville absolument formidable, une ville très intéressante pour la culture orientaliste ».

L’homme est un amoureux inconditionnel de l’Algérie. Il a décidé d’exercer ce métier à la faveur d’un voyage dans le Sahara en 1992, dont il ne tarit pas d’éloges. « L’Algérie a des paysages qui font partie des plus spectaculaires au monde. »

Même son de cloche du côté de Mohammed Torche, responsable de la destination à Horizons Nomades, qui, déjà dans les années 2000, avait inscrit Djanet à son catalogue. « C’est un pays qui jouit vraiment d’atouts majeurs. »

Spectre du terrorisme et visa

Pourtant, quelques barrières se dressent face au développement du tourisme algérien. À commencer par la position du quai d’Orsay sur le pays. « Le premier frein, c’est le classement en zone rouge du Sud algérien qui a été fait par le ministère français des Affaires étrangères, indique Mohammed Torche. Je reviens pourtant de Djanet, et je peux assurer que sur le terrain, la sécurité est là. Il y a très peu de pays sahariens qui peuvent garantir cette sécurité. »

Murielle Dauriac, employée à Explorator, une agence qui programme également l’Algérie, corrobore les propos de son homologue : « Une fois sur place, le gouvernement algérien oblige la présence d’une escorte policière ou militaire. » L’intention de Jean-François Rial est, quant à elle, nette : « Dès que le quai d’Orsay ne nous déconseille plus d’y aller, nous y reviendrons immédiatement », assure-t-il.

Cela devrait être en bonne voie puisque Xavier Driencourt, l’ambassadeur de France en Algérie, a affirmé qu’un travail de révision des fiches conseils voyageurs était en cours, dans un entretien accordé au site spécialisé visa-algerie.com.

Autre obstacle : l’attente pour la délivrance des visas. « Il faudrait rendre plus rapide l’obtention des visas », souffle Jean-François Rial. Il poursuit : « C’est un énorme frein. Celui qui veut s’offrir un week-end en Algérie à la dernière minute ? Eh bien, il ne peut pas partir. Du coup, il va à Rabat ou Marrakech. »

Des billets trop chers

Il cite en exemple le cas de l’Égypte, qui permet l’obtention du visa directement sur place, une fois arrivé à l’aéroport. Si l’obtention du document se fait assez rapidement pour le nord du pays, il faut compter environ un mois d’attente pour un touriste qui envisage de se rendre dans le sud. Une longueur qui s’explique par un processus fastidieux, mais qui, selon Mohammed Torche, permettrait d’éviter tout incident, car le Sahara algérien serait encore « trop fragile » pour accueillir une masse de touristes. « L’étranger dépose son passeport au consulat français, ça transite par le ministère des Affaires étrangères à Alger, qui lui va envoyer la demande au préfet de la région concernée, qui lui donnera son feu vert. »

Si tous s’accordent à dire que le parc hôtelier reste pour l’heure perfectible, Mohammed Torche estime que le prix des billets relativement coûteux ne doit pas être considéré comme une entrave. « Ça ne sert à rien de vendre le Sud algérien à 600 euros. C’est un produit de luxe, qui attire une clientèle aisée. On ne discutera d’un tarif aérien que s’il y a de la grosse concurrence. » Ce qui, aujourd’hui, n’est pas encore le cas.



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